En matiere de decor, la réflexion passe souvent par le filtre des couleurs. Induit par le réalisateur, un
contexte, une histoire, on se met a penser rouge, vert, jaune ou bleu.
Les lieux et les objets qui en résultent viennent enrichir et corroborer ces choix.
Pour A LA VERTICALE DE L'ETE, il fallait colorer le temps, lui trouver une tonalité, un volume propres a
l'identifier, tenter en quelque sorte de le maténaliser. C'est en ce sens que les décors ont été pensés.

Il ne s'agissait pas tant de rendre compte d'une réalité sociologique que d'offrir a la mise en scéne un
espace de scénographie qui, a travers les couleurs et les matériaux, donnerait corps a cette notion de
temps et a l'appréhension singuliére que les personnages en ont. Des morceaux de papier collés, un
jaune éclatant appelé a ternir, rendraient compte de
la fragilité et de la spontanéité de Lien, tandis
qu'un vert lumineux et profond allait exprimer la pérennité des traditions et de l'univers familial; le bois
brut et l'eau mélés évoqueraient la pureté et l'harmonie auxquelles l'homme aspire sous les traits de
Quoc.
Au Vietnam et plus particuliérement a Hanoi, la précarité des matériaux qui assemblent ou
divisent les habitations permet a qui veut de voir ou d'entendre la vie d'a coté. L'intimité et les secrets
de chacun s'en retrouvent en partie contenus dans ces gestes quotidiens qu'induisent l'espace et les
accessoires qui l'habillent. Les teintes utilisées,
leurs opacités ou leurs transparences, ainsi que le
travail sur les murs fortement ajourés, jouent un rôle important dans l'expression de ces particularités.
Le choix des décors, leur conception, leur agencement prennent alors une résonance particuliére et la
décoration devient un acteur a part entiére.
benoît barouh (chef décorateur)
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